Paname - Chris Lavaud
Paname
“C’était maintenant l’hiver sur les boulevards parisiens. Il pleuvait, d’une pluie fine, celle qui vous glace le sang mais Paris sans un temps de chien n’était pas Paris.
Mon grand père me le disait en permanence. J’étais là pour quarante huit heures, pour une raison bien précise. Certes, je n’avais pas d’argent ou presque, pas encore
d’hôtel et pas le moindre rayon de soleil, mais, j’étais heureux d’être là. Paris était comme une jolie femme, excitante à l’idée de la découvrir, mais exigeante au quotidien,
j’allais m’en apercevoir rapidement. De par mon âme aventurière, j’étais venu pour photographier et prendre tous les risques afin d’obtenir les meilleurs clichés malgré
ces conditions climatiques déplorables. En ce début de matinée, je descendais tranquillement dans le métro provoquant immédiatement un bouchon en m’arrêtant
dans l’escalator, étant le seul à ne pas dévaler les marches deux par deux. Ces modes de déplacements typiquement parisiens, à ma plus grande surprise, étaient
identiques en descente comme en montée. À cet instant, j’avais l’impression d’être un vieux camion sous motorisé gravissant un col de montagne, avec vissée au cul,
une file interminable de voitures exaspérées. Il me fallait supporter ce flux de circulation auquel je n’étais pas habitué, le stress m’envahit soudainement. En arrivant
sur le quai avant de monter dans la rame alors que j’entendis un bruit de métal et de grincement arriver à toute allure, je vérifiais rapidement les panneaux,
«direction Pont de Sèvres», c’était bon ! Je choisis de descendre à Havre-Caumartin pour rejoindre le Boulevard Haussmann, les vitrines des grands magasins
étaient confortablement abritées.”

Paris, France. Hiver, printemps 2017.
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